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Les scrupules étouffent le bonheur
et nous empêchent de vivre comme on le souhaiterait.
Poète 21
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Le 08 Février, on fête les Jacqueline
On fête aussi : les Elflède , les Émiliani , les Étienne , les Gaudin , les Jackie , les Jackie , les Jacquette , les Jacquine , les Jacquotte , les Jacquotte , les Jean , les Jérôme , les Juvence , les Nicet , les Paul ainsi que les Quinte .
8 Fevrier 1962, triste anniversaire
Métro Charonne, ce symbole
LE métro Charonne n’a pas été choisi par hasard comme lieu de rassemblement de solidarité avec le peuple algérien, demain à 18 heures. En cet endroit, le 8 février 1962, neuf Français dont huit militants du PCF, sont tombés sous les coups de la police en réclamant l’indépendance pour l’Algérie et le châtiment des criminels de l’OAS.
La guerre durait depuis plus de sept ans, dont la moitié sous de Gaulle, porté au pouvoir en 1958 par les partisans de l’Algérie française. Une guerre coloniale, condamnée dans le monde entier, accompagnée de tortures et d’exécutions officielles par la guillotine, ou sommaires, camouflées en « corvées de bois », dont l’horreur renforçait la détermination des Algériens.
En France, après des années difficiles, passées à combattre le poison colonialiste, l’idée de la paix par l’indépendance grandissait. Avec les communistes, les premiers à proclamer que l’Algérie n’était pas la France, des journaux, des progressistes menaient campagne sous des formes diverses et jusque dans l’armée. Les manifestations, les grèves se multipliaient et de Gaulle se voyait contraint de négocier enfin avec ceux qui se battaient et dont la représentativité était devenue incontestable, y compris dans l’immigration algérienne avec cette manifestation pacifique du 17 octobre 1961, réprimée si durement qu’aujourd’hui encore le nombre exact des morts demeure inconnu. Le préfet de police s’appelait alors Maurice Papon. Et c’était lui encore qui commandait les forces de police le 8 février sous les ordres du ministre de l’Intérieur, Roger Frey.
Inquiets des négociations engagées, les ultracolonialistes qui avaient fondé l’OAS (Organisation armée secrète) avec les généraux putschistes (Salan, Jouhaud, Zeller, etc.) semaient la terreur à coups de bombes. A Paris, les attentats se succédaient. Une petite fille, voisine du ministre de la Culture André Malraux, était victime de l’un d’eux, gravement blessée au visage. Sa figure ensanglantée à la une des journaux allait soulever une colère dans la capitale. A l’appel de la CGT et de l’union départementale CFTC, du Parti et de la Jeunesse communistes, de plusieurs organisations, comme le Mouvement de la paix, des milliers de Parisiens se retrouvaient autour de la Bastille, placée en état de siège.
Un des cortèges remontait le boulevard Voltaire en direction de la Nation. A hauteur du métro Charonne, les organisateurs appelaient à la dislocation. C’est à ce moment que les forces de police qui barraient la route se sont lancés à l’assaut, frappant à coups de matraque tous ceux qui se trouvaient sur leur passage. Léo Figuères, ceint de son écharpe de conseiller général tenta de s’interposer, il fut matraqué, le sang coulant sur son écharpe. Devant cette rage, chacun chercha un abri. Certains crurent le trouver dans l’entrée du métro Charonne. Mais la grille était fermée et les policiers continuèrent à frapper, à jeter des grilles d’arbres sur les corps.
On devait relever neuf morts, des centaines de blessés étaient soignés dans les cliniques du quartier. Le lendemain, Paris prenait le deuil de ces morts et le 13 février, un million de personnes les accompagnaient au cimetière du Père-Lachaise. Avec eux, la paix était en marche et le cessez-le-feu intervenait le 19 mars. Le 1er juillet, l’Algérie recouvrait une indépendance volée depuis cent trente ans.
CLAUDE LECOMTE.
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" Je hais les indifférents. Pour moi, vivre veut dire prendre parti. Celui qui vit vraiment ne peut pas ne pas être citoyen ou partisan. L'indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n'est pas vie. C'est pourquoi je hais les indifférents."
Antonio Gramsci
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