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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 15:47

Georges Brassens

Fils de maçon, italien par sa mère, Georges Brassens naît le 22 octobre 1921 à 18 heures, à Sète dans l’Hérault, rue de l’Hospice. Sa mère, Elvira, de Marsico Nuovo, un village dans la Basilicate, et son père, Jean-Louis, sont des gens simples et honnêtes.

Georges grandit au sein d’une famille nombreuse composée de sa demi-soeur, ses parents, ses grands-parents et leurs chats… A l’école, il n’est pas très en verve, se réveillant à la récréation, et préférant ses cours de musique.

Le poète tranquille

Dès 14 ans, il commence à écrire quelques « fadaises », et c’est au collège que la lecture des poètes l’éveille réellement à l’écriture. Avec ses amis, il découvre la musique et la liberté de l’école buissonnière.

Mais à l’aube de ses 18 ans, une sombre histoire de vol le fait écoper d’un an de prison avec sursis, l’humilie auprès de ses proches et des voisins, et le fait renvoyer du lycée. C’est ce déclic malheureux qui le pousse à rejoindre Paris, chez sa tante Antoinette, en février 1940, rue d’Alésia.

Son premier boulot le conduit aux usines Renault de Boulogne Billancourt. Le soir, sur le piano de sa tante, il s’essaie à ses premiers accords. Mais les Allemands envahissent Paris, et Brassens retourne à Sète. Cependant, trois mois plus tard, il ne peut s’empêcher de retrouver la capitale.

Ne pouvant reprendre son poste chez Renault, il se jette dans un travail acharné: la découverte de la musique sur le vieux piano d’Antoinette. Il lit beaucoup, pour tuer le temps dans ce Paris désert: Paul Fort, Rimbaud, et surtout Villon. Ce travail le mène en 1942 à publier son premier recueil de poésie, ‘Des coups d’épées dans l’eau’, suivi rapidement de ‘A la venvole’.

Il rencontre, parmi les amis de sa tante, Jeanne Le Bonnier, « la Jeanne » qui habite à deux pas de là. Leur relation durera à jamais, malgré la différence d’âge (elle est née en 1891!), d’abord amicale, puis amoureuse

Mais c’est la guerre et Brassens est envoyé en Allemagne début 1943. C’est alors qu’il rencontre Pierre Onteniente, dit Gibraltar, son ami, secrétaire et compagnon. C’est aussi au STO qu’il fait ses premières armes devant un public, un public si particulier avide d’émotion, d’amour et d’amitié en ces temps difficiles.

Lors d’une permission, Brassens « oublie » de revenir en Allemagne, et c’est encore chez Jeanne qu’il se cache à Paris, impasse Florimont, cette cour des miracles où se côtoient poules, chats et chiens, et au milieu, « la cane de Jeanne ».

L’appartement est vétuste, mais Georges y restera plus de vingt ans, jusqu’en 1966. Il y vit des moments fabuleux avec ses amis, dont un certain René Fallet. Pendant cette période, jusqu’à la fin de la guerre, Brassens vit caché, profitant de sa réclusion pour écrire, jusqu’à la libération. Ensuite, tout en écrivant, il continue à vivre chez Jeanne.

En 1947, il rencontre Jona, sa Püppchen. Sa vie est rythmée par ses chansons, mais il n’ose pas encore les interpréter et elles restent ignorées de tous. Par relation, il commence à écrire dans la revue ‘Le Libertaire’, revue anarchiste, sous différents pseudos. Mais, lassé, il quitte le journal. Ses démarchages auprès des cabarets parisiens restent vains…

Fin 1951, un ami réussit à faire passer Brassens au Caveau de la République. Ce passage, quoique peu applaudi, redonne confiance à Georges. Il retravaille alors quelques-unes de ses chansons, et le 6 mars 1951, Patachou l’auditionne en public, parmi lequel un certain Pierre Nicolas, futur ami et musicien de Georges. Tout le monde est subjugué, et c’est ce soir-là que Georges devient Brassens…


Ses vrais débuts ont lieu le 9 mars. Jacques Canetti, ami de Patachou et gérant des Trois Baudets, où débutèrent Brel, Mouloudji et Devos, invite Brassens à jouer chez lui. C’est enfin, à plus de trente ans, le succès tant attendu.

Chez Polydor (Philips), Brassens enregistre Maman Papa avec Patachou, puis Le Gorille, La mauvaise réputation, Le petit cheval, … Les concerts s’enchaînent, Bobino en 1953, deux Olympias en 1954, et les récompenses pleuvent: Grand Prix de l’Académie Charles Cros, édition de ses chansons chez Denoël, …

1957 est une année riche pour Brassens. Bobino, l’Alhambra, l’Olympia, une tournée à l’étranger, mais aussi une année difficile avec l’apparition de coliques néphrétiques très douloureuses.

Les années passent et se ressemblent, de succès en succès, entrecoupées parfois par des faits dramatiques, comme la perte de sa mère en 1962, une alerte grave la même année en plein Olympia et le décès de son père en 1965.

En 1966, après un triomphe au TNP, Georges quitte l’impasse Florimont que Jeanne habite désormais avec son nouveau mari. Très attaché à « son » 14e arrondissement, il déménage non loin de là, près de son ami Brel. Mais un nouveau malheur vient le frapper le 24 octobre 1967: Jeanne, « sa » Jeanne meurt. C’est tout un monde qui s’écroule.

Les années qui suivent le voient triompher dans toutes les salles, à Paris comme en Province, en France comme à l’étranger, avec souvent en première partie, des jeunes chanteurs tels que Philippe Chatel, Maxime le Forestier, ou Yves Simon.

Il achète aussi une maison en Bretagne, région d’origine de Jeanne, et s’y évade de temps en temps en se mêlant aux villageois et en recevant ses amis.

En 1973, il entame sa dernière tournée, d’abord en Belgique puis en Grande-Bretagne où sera enregistré son album Live in Great Britain. Et en 1976, à la sortie de son dernier disque, il occupe Bobino durant cinq mois, jusqu’en 1977.

Novembre 1980: sa santé est préoccupante. Il est opéré d’un cancer. Pendant l’été 1981, au plus mal, il trouve encore la force de retourner au pays, à Sète, et il y meurt le 29 octobre 1981, à 23h15 à Saint Gély-du-Fesc.

Il est enterré au cimetière Le Py, le cimetière des pauvres, bien loin du cimetière marin cher à Paul Valéry… Un musée est aujourd’hui consacré à Georges Brassens dans sa ville natale de Sète.

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 14:07

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Le Poète de l'amour et de la révolte

 

Chanteur et poète, Jean Ferrat, qui s'est éteint samedi 13 mars 2010 à l'hôpital d'Aubenas en Ardèche, laisse derrière lui l'image d'un ermite, écologiste avant l'heure, engagé contre l'asservissement et la censure.

"Il n'y a pas de sujet tabou, on peut tout dire dans une chanson." Lui ne s’en est jamais privé. Ses colères, ses convictions, il les a dites haut et fort. Ses ravissements aussi. Pour les beaux Yeux d’Elsa et des femmes en général, décrétées "avenir de l’homme" dans un de ses refrains les plus populaires des années 1970. Ou bien encore pour cette Montagne, si "belle" et dans le berceau de laquelle il a choisi de s’éteindre hier: Jean Ferrat, avait 79 ans et laisse derrière lui, entre autres, l’image d’un chanteur ermite, écolo avant l’heure.

L’empreinte également d’un artiste invariablement engagé, vent debout contre toute forme d’asservissement. Contre toute forme de censure aussi, dont il fut longtemps victime (à la télévision, à la radio dans la France amidonnée du général de Gaulle). Et contre toute forme l’embrigadement. Car tout sympathisant communiste qu’il fût, jamais Ferrat n’eut sa carte du Parti.

Son inclinaison pour le parti de Thorez et Duclos remontait à peu près à la guerre. "Durant l’Occupation, j’avais été protégé et hébergé par des communistes, des hommes admirables", ne manquait-il jamais de rappeler. Et a fortiori, parce que son père, un joaillier de Versailles, n’eut pas cette chance-là: en 1941, Mnasha Tenenbaum, d’origine russe, avait été raflé puis déporté, laissant le petit Jean à sa douleur, à sa solitude et à la découverte brutale d’origines familiales qu’on lui avait cachées jusque- là.

Il nourrit dès lors un puissant sentiment de révolte qui ne le lâchera plus jamais. Sa mère, fleuriste, se charge alors seule de l’éducation du gamin. Des nuits sans sommeil

 

En 1946, il a 16 ans et il lui faut quitter l’école pour aider les siens et "parce qu’il fallait manger, quoi", disait-il. Il entre comme apprenti dans un laboratoire de chimie du bâtiment, où il se souvenait avoir appris à "mesurer la résistance du béton", rappelait-il volontiers amusé. La sienne de résistance est déjà colossale, puisqu’en parallèle il rogne sur ses nuits et son sommeil pour entrer dans une troupe de théâtre, tout en apprenant la guitare afin de rejoindre des copains dans un jazzband New Orleans. Il se met à écrire des chansons. Ses premières auditions? Foireuses. A L’Echelle de Jacob, au College Inn, Au Port-Salut… A La Rose Rouge, rue de Rennes, il s’essaye en chantant du Montand, du Mouloudji. Il change de nom, manque de s’appeler "Franck Noël" puis opte pour Jean Ferrat, clin d’oeil à la ville de Saint-Jean-Cap- Ferrat, où il n’a pourtant jamais mis les pieds.

C’est à cette époque qu’il découvre la poésie de Louis Aragon. En 1956, il met en musique Les Yeux d’Elsa, mais c’est André Claveau, chanteur de charme de l’époque et énorme vedette, qui en fait un petit succès. Jean Ferrat acquiert un peu de notoriété encore, lorsque Philippe Clay créé Ne te regarde pas tant Paname. Son premier disque en nom propre n’est pas loin. Il portera le logo du label Vogue et proposera une chanson poético-réaliste intitulée L’Homme-Sandwich, qui met en scène le blues d’un travailleur précaire qui au lieu de trimballer ses écriteaux sur le ventre "voudrait bien aller flâner/Avec les gens qui se promènent/Sous le soleil des beaux quartiers." Un four. Mais son style est déjà là, lyrique et solennel et fruit d’une observation précise des petites gens. Entre-temps, il s’est recréé une famille. L’arrangeur Alain Goraguer (proche alors de Vian et Gainsbourg), l’éditeur et imprésario Gérard Meys. Et puis une jeune chanteuse brune, piquante, avec ses faux airs de Gréco: Christine Sèvres. Elle aussi interprète ses chansons. Il l’épouse, ça vaut bien ça. Ils couleront des jours heureux vingt ans durant, avant qu’une méchante maladie ne s’en mêle.

Au nom du père déporté 1960, deuxième 45-tours et premier succès. Ma Môme: "Elle joue pas les starlettes/ Elle porte pas de lunettes/De soleil/Elle pose pas pour les magazines/Elle travaille en usine/A Créteil". Aujourd’hui, on dirait du Renaud avant l’heure, un condensé de poésie canaille immédiatement populaire. Le disque lui vaut le grand prix de l’Académie Charles-Cros, le Goncourt de la chanson en somme, le tout en pleine vague yé-yé. Jean Ferrat ne pensait pas qu’une chanson pouvait "changer le monde" ("il faudrait être prétentieux pour le croire", ajoutait-il), mais il en aimait cependant l’idée. En 1963, quand Johnny Hallyday chante Tes tendres années, Ferrat déboule avec Nuit et Brouillard: il a vu le documentaire d’Alain Resnais sur les camps de la mort et compose immédiatement cette chanson. Terrible, poignante et à contrecourant de ce que réclament les radios alors. Ferrat choque. On lui reproche de mettre en musique des faits que beaucoup préfèrent oublier. Pas lui, qui estime que la jeunesse doit être informée; pas lui, dont le père est mort à Auschwitz: "On me dit à présent que ces mots n’ont plus cours/Qu’il vaut mieux ne chanter que des chansons d’amour/Mais je twisterais les mots s’il fallait les twister/Pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez."

Ça ne passe pas à la radio, mais le disque fait un carton: près de 300.000 singles vendus.

La censure sera une plaie récurrente dans sa carrière. En 1965, Potemkine en fait les frais. Ferrat, qui n’a jamais chanté dans les pays de l’Est ni en ex-URSS, a écrit cette chanson à la gloire des marins du cuirassé, dont la mutinerie fut le prélude de la Révolution russe de 1905. Elle est interdite lors d’une émission en direct. "Chantez autre chose",  le somme-t-on à l’ORTF. Mais il reste en coulisses, refusant de paraître sans sa chanson…

L’année d’après, il est interdit de plateau en raison de sa candidature sur la liste PCF aux élections municipales d’Antraigues-sur-Volane, village d’Ardèche dont il est tombé amoureux.

En 1968 c’est Ma France qui donnera des boutons au pouvoir. Ferrat s’y attaque aux gouvernants ("Cet air de liberté dont vous usurpez aujourd’hui le prestige") et la chanson est interdite. Il patientera deux ans avant d’être à nouvel invité sur un plateau.

En 1971, c’est Yves Mourousi qui rompt la censure en en diffusant un extrait… En 1973, après avoir réuni 100.000 spectateurs au Palais des Sports, il fait ses adieux à la scène. "Ça réclame une énergie terrible et puis je ne suis pas assez exhibitionniste."

 

Débutent des années paisibles ou en ne quittant plus son Ardèche de coeur, il se contentera d’apparitions sporadiques, ultramédiatiques, chez son ami Michel Drucker, ce, en dépit de sa haine de la télévision commerciale, "boîte à vendre obscène." L’animateur, avait eu l’occasion de lui parler il y a huit jours. "La voix s’était fait encore un peu plus faible, il n’avait plus chez Jean l’envie de se battre. Lorsque Colette, sa compagne m’a appelé cet aprèsmidi, j’ai compris."  

Jean Ferrat laisse l'image d'un poète engagé contre l'asservissement et la censure. 

Carlos Gomez - Le Journal du Dimanche

Dimanche 14 Mars 2010


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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 12:10

Jean Ferrat : Biographie

Jean Ferrat   
Lorsque Jean Tenenbaum naît à Vaucresson dans les Hauts de Seine, le 26 décembre 1930, rien ne laisse présager un destin unique. Il est le dernier enfant d’une famille de quatre, fils d’un joaillier et d’une fleuriste.

Après des études au lycée Jules Ferry de Versailles où sa famille s’est installée, il commence à se tourner vers la chimie. Mais pendant la guerre, son père est déporté. Tout change pour Jean qui est obligé de travailler pour aider sa famille à survivre. Déjà son goût pour l’art se fait sentir. C’est d’abord vers le théâtre que Jean se tourne en rentrant dans une troupe dans les années 50.

Du théâtre à la chanson

En fréquentant les cabarets avec ses amis, il se lance dans la musique, en écrivant sous le pseudonyme de Jean Laroche et en jouant de la guitare dans un orchestre de jazz.

Même si ses premiers essais ne donnent pas grand chose, il est désormais convaincu qu’il sera chanteur. Nous sommes en 1952.

Aragon

Ses premiers succès, il les doit à Aragon en adaptant Les yeux d’Elsa, poème de l’écrivain français que Jean Ferrat admire beaucoup. En 1957, ses débuts sur scènes ont lieu à La Colombe, en première partie de Guy Béart.

Puis il chante au Milord l’Arsouille ou à L’Echelle de Jacob. Ce tremplin lui permet d’enregistrer en 1958 son premier 45 tours. Mais surtout, d’autres artistes commencent à interpréter ses titres, comme André Claveau ou Christine Sèvres, une jeune chanteuse qui, en 1961, deviendra son épouse.

Une rencontre riche

En 1959, Jean rencontre Gérard Meys, qui deviendra son meilleur ami, et qui lui permet d’enregistrer en 1960, son premier quatre titres, Ma môme. C’est son premier succès personnel.

Même si l’artiste ne cache jamais ses appartenances politiques et philosophiques (très à gauche), ce qui lui vaudra durant sa carrière quelques censures, il n’en reste pas moins un poète de l’amour et de la fraternité.

Son premier album sort en 1961, et ses titres lui valent dès la même année, le Prix de la Sacem. Le voilà parti sur scène, notamment en première partie de Zizi Jeanmaire à l’Alhambra.

De concerts en albums, Ferrat obtient un succès grandissant, jusqu’au troisième album Nuit et brouillard, dont le thème principal est la déportation, qui marque les esprits et fait de Ferrat un artiste à part.

La montagne et Potemkine

Ce sont surtout ces deux titres que sont La montagne (1964) et Potemkine (1965) qui propulse Ferrat au sommet. Mais l’homme sait rester humble, et tout en continuant sa carrière, de Bobino à l’Alhambra, il s’installe à Antraigues, au coeur de l’Ardèche, et s’isole pour vivre la vraie vie.

Ses sorties sont lointaines: Mexique ou Cuba, d’où il ramène sa célèbre moustache et de nombreux titres tels que Guérilleros. Sa gloire est désormais internationale, et sa plume vengeresse égratigne le monde fort perturbé de cette époque (mai 1968 et les bouleversements d’Europe de l’Est font rage). Ce n’est pas la censure qui arrête Jean Ferrat.

Aragon (bis)

C’est à nouveau Aragon qui, au début des années 1970, va donner à Ferrat l’occasion de briller: Aimer à perdre la raison et son album Ferrat chante Aragon font un malheur.

Ce disque reste encore aujourd’hui un des plus grands succès populaires français. Mais le chanteur, las de la vie de scène et de la notoriété, s’isole: il fait ses adieux à la scène à la fin de l’année 1972, et malgré la production régulière de nouveaux albums ou de reprises, il se fait plus rare.

Profitant du rachat de la maison Barclay par Polygram, Ferrat réenregistre une grosse centaine de ses chansons et les publie en 1980 dans un coffret de douze disques, énorme travail qui lui vaudra de nombreuses récompenses et une notoriété grandissante.

La mort de son épouse…

… en novembre 1981 le plonge dans un grand désarroi et une solitude volontaire. Il lui faudra des années avant de revenir sur le devant de la scène grâce à un album, Je ne suis qu’un cri en 1985, et la même année, un passage à la télévision dans l’émission de Pivot.

Au fil des années, Ferrat continue d’être un des artistes français les plus appréciés, surtout après les « départs » de Brassens, Brel et Ferré.

Après une intégrale 61-91 sortie en 1991, puis après l’intégrale Ferrat Aragon sortie peu après, Ferrat nous offre de temps en temps quelques merveilles dont il a le secret.

Chanté par les plus grands (Gréco, Aubret, Jeanmaire, Guichard pour lequel Ferrat écrit Mon vieux…) écouté et aimé par de nombreuses générations de public, de 7 à 77 ans, Jean Ferrat reste un chanteur unique, à l’écriture remarquable, aux idées fidèles et humanistes, discret et humble. Un homme riche d’humanité et de beauté, un vrai poète en somme…

Jean Ferrat est décédé le 13 Mars 2010 a AUBENAS

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 12:09
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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 00:00

 

Biographie de Jean Ferrat

Né le 26 décembre 1930 à Vaucresson. Elève au Collège Jules Ferry de Versailles, Jean FERRAT contraint d'interrompre ses études, entre dans un laboratoire de chimie du bâtiment. Tout en faisant du théâtre amateur et de la guitare de jazz, il chante pour ses amis les chansons de Prévert et le répertoire de Montand. C'est alors qu'il compose ses premières mélodies.

 

 

1954 Il abandonne le laboratoire et passe ses premières auditions au "Riverside" et à la "Rose rouge". Des années difficiles vont commencer pour lui, mais sa carrière se dessine déja.

1956 Compose la musique des "Yeux d'Elsa", poème d'Aragon.

1957 Il chante dans quelques cabarets de la Rive Gauche : "Milord l'Arsouille","La Colombe", "L'Echelle de Jacob", "La Rotisserie de l'Abbaye " en s'accompagnant à la guitare.

1959 Il fait la connaissance de Gérard MEYS. C'est le début d'une association secrétariat artistique. Edition graphique et phonographique.

1961 Rencontre avec Zizi JEANMAIRE pour laquelle il écrit "Eh l'amour ", " Mon bonhomme ". Elle l'engage comme vedette américaine de son spectacle ˆ l'Alhambra". C'est le premier Music-hall dans lequel chantera Jean FERRAT ; il y restera 6 mois abandonnant sa guitare.

1962 Première tournée. Prix Henri CROLLA pour sa chanson sur "Federico Garcia Lorca". Il obtient dans le même temps le prix Roger SEILLER de la Société des Auteurs, et le Grand prix du Disque de l'Académie Nationale du Disque pour son 25 cm "Deux enfants au soleil", etc...

1963 En novembre, 33 tours comprenant : "Nuit et Brouillard", "Nous dormirons ensemble", "C'est beau la vie", etc... Ce disque obtient le Grand Prix du Disque de l'Académie Charles CROS.

1964 " La Montagne ", " Que serais-je sans toi ? ", etc..

1965 Janvier : Alhambra en vedette... Musique du film " LA VIEILLE DAME INDIGNE " de R. ALLIO et du film " LE COUP DE GRACE " de J. CAYROL. " Potemkine ", " Je ne chante pas pour passer le temps ", " C'est toujours la première fois ", etc...

1966 Janvier : Bobino en vedette... "Maria", "Heureux celui qui meurt d'aimer", "En groupe en ligue en procession" "Un jour, un jour", "Pauvre Boris", etc...

1968 Tournée en France, en Afrique du Nord et au Canada.

1969 Un disque où l'on trouve des échos de 1968 : "Ma France", " Au Printemps de quoi révais-tu ?", etc...

1970 12 représentations au Palais des Sports. "Paris gagné, c'est le Music-Hall des années 70 écrit Philippe LABRO dans le journal du dimanche. "Camarade", "Sacré Félicien", etc.

1971 "La Commune", "Les derniers tziganes","Aimer à perdre la raison", etc

1972 Le Palais des Sports du 6 octobre au 29 octobre. "A moi l'Afrique","Une femme honnête", "La leçon buissonnière", etc

1974 FERRAT chante ARAGON :"Un jour, un jour", "Les poètes","Nous dormirons ensemble","J'entends, j'entends","Que serais-je sans toi ?", "Heureux celui qui meurt d'aimer", etc. Plus de 2 millions d'exemplaires.

1975 "La femme est l'avenir de l'homme", premier 33 tours disque TEMEY. "Berceuse pour un petit loupiot", " Un air de liberté", etc. 500 000 33 tours et cassettes vendus en un mois et demi.

1976 FERRAT - Premières chansons - Nouvel enregistrement : "Eh l'amour", "Le p'tit jardin", etc.

1979 Sortie d'un 30 cm : "Le chef de gare est amoureux", "Les instants volés", etc.

1980 Septembre 1980 : 113 chansons réenregistrées en 12 volumes, seule collection avec les textes, puis un album FERRAT 80 : "Le bilan", "Tu verras tu seras bien", "Oural ouralou" pour lequel Jean FERRAT reçoit un disque de platine. 704.057 LP/K7 en 6 semaines.

1981 Reçoit pour son oeuvre "Le Diamant de l'Année".

1985 "Je ne suis qu'un cri", "Le châtaigner"... T.V. Emission spéciale Jean FERRAT par Bernard PIVOT.

1990 Juin : Médaille d'or de la SACEM.

1991 "Dans la jungle ou dans le zoo", "Les petites filles modèles", "Les tournesols"...TV : Emission spéciale "Stars 90 - Jean FERRAT" accompagné par les 40 musiciens de l'orchestre d'Alain GORAGUER.

1992 "FERRAT chante ARAGON"- vol.1 14 chansons : "Nous dormirons ensemble", "Aimer à perdre la raison", "Que serais-je sans toi ?"...

1993 Vidéo - "Jean FERRAT en public"

1994 "FERRAT 95" 16 nouveaux poèmes d'Aragon - Vol.2 "Carco", "Complainte de Pablo Neruda"... T.V: Emission spéciale Jean FERRAT avec Michel DRUCKER.

1998 Jean Ferrat assiste en tant qu'invité au festival d'Ales donné en son honneur ou 700 choristes interprètent ses chansons sous la direction de Michel Schwingrouber dans les arènes d'Ales.

2000 Festival de Barjac cette année-là en l'honneur de Jean Ferrat. Des artistes dont entres autres Isabelle Aubret interprètent quelques unes de ses plus belles chansons.

 

 

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 19:59

Biographie Édouard Glissant

 

Édouard Glissant, né le 21 septembre 1928 à Sainte-Marie en Martinique et mort à Paris le 3 février 2011 est un écrivain, poète et essayiste français.

Fondateur des concepts d'« antillanité », de « créolisation » et de « tout-monde », il était « Distinguished Professor » en littérature française, à l'université de la Ville de New York et président de la mission de préfiguration d'un Centre français consacré à la traite, à l'esclavage et à leurs abolitions.

Biographie

Édouard Glissant étudie au lycée Victor Schœlcher de Fort-de-France. Il quitte la Martinique pour Paris en 1946 afin d'étudier l'ethnographie au Musée de l'Homme, mais aussi l'histoire et la philosophie à la Sorbonne.

Alors proche des thèses de Frantz Fanon, il fonde, accompagné de Paul Niger, en 1961 le Front antillo-guyanais d'obédience indépendantiste, puis autonomiste, ce qui lui vaut d'être expulsé de la Guadeloupe et assigné à résidence en France métropolitaine. Il est interdit de séjour dans son île natale pour « séparatisme » de 1959 à 1965. Il est signataire du manifeste des 121 en 1960. Certains de ses ouvrages, tel le Discours antillais, restent très marqués par son engagement anticolonialiste.

Il revient en Martinique en 1965 et y fonde l’Institut martiniquais d'études, ainsi qu’Acoma, un périodique en sciences humaines.

Titulaire d’un doctorat ès lettres (1980), il adhère aux thèses de la négritude avant de développer par la suite les concepts d’antillanité et de créolisation.

Remarqué pour son travail, il devient de 1982 à 1988, le directeur du Courrier de l'Unesco.

En 1989, il est nommé « Distinguished University Professor » de l'Université d'État de Louisiane (LSU), où il dirige le Centre d'études françaises et francophones.

Il vit ensuite à New York où, à partir de 1995, il est « Distinguished Professor » en littérature française, à la City University of New York.

En janvier 2006, Édouard Glissant se voit confier par le président Jacques Chirac la présidence d'une mission en vue de la création d’un Centre national consacré à la traite et à l’esclavage. Il prend position contre la création d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale et condamne la politique d'immigration menée depuis l'élection du président Nicolas Sarkozy. De cet engagement politique et poétique naîtra un court manifeste, Quand les murs tombent, l'identité nationale hors la loi ?, rédigé avec Patrick Chamoiseau.

En 2007, il crée avec le soutien du conseil régional d'Île-de-France et du ministère de l’Outre-Mer, l'Institut du Tout-Monde. Cet institut a pour objectif de faire avancer la pratique culturelle et sociale des créolisations. Il favorise la connaissance de l’imaginaire des peuples dans leur diversité. A l’écoute des mélodies du monde, il accompagne, à travers la multiplicité des langues, la pluralité des expressions artistiques, des formes de pensée et des modes de vie.

Au monde qui se replie sous la loi de l’unicité et de l’esprit de système l’Institut du Tout-Monde oppose les identités en mouvement. À la fois site d’études et de recherches, espace d’invention et de formation, lieu de rencontres, il est dédié aux mémoires des peuples et des lieux du monde.

Le 3 février 2011, il s'éteint à l'âge de 82 ans à Paris.

De la négritude à la créolisation

Articles détaillés : négritude et créolisation.

Dans un premier temps, il adhère aux thèses de la négritude avant d'en dénoncer les limites. Il développe alors le concept d’antillanité qui cherche à enraciner l'identité des Caraïbes fermement dans « l'Autre Amérique » en rupture avec les travaux d'Aimé Césaire, pour qui l'Afrique est la principale source d'identification pour les caribéens. Cette antillanité serait fondée sur la notion d'« identité multiple », ou d'« identité rhizome », ouverte sur le monde et la mise en relation des cultures.

Il propose également le concept de créolisation qu'il définit comme le « métissage qui produit de l'imprévisible » et qui est pour lui le « mouvement perpétuel d'interpénétrabilité culturelle et linguistique » qui accompagne la mondialisation culturelle. Cette mondialisation met en relation des éléments culturels éloignés et hétérogènes, avec des résultantes imprévisibles.

Ses réflexions sur l’identité antillaise ont inspiré une génération de jeunes écrivains antillais qui formera le mouvement de la créolité, dont Patrick Chamoiseau, Ernest Pépin ou encore Raphaël Confiant.

Tout-monde

Ses travaux plus récents s'articulent autour du concept de tout-monde et interroge l'universalité. Écrivain militant, il cherche à définir une approche poétique et identitaire pour la survie des peuples au sein de la mondialisation au travers de concept comme la « mondialité » en opposition à la mondialisation économiste ou d'identité-relation contre l'affirmation des identités-racines qui génère d'innombrables conflits à travers le monde.

Publications

Essais

  • Soleil de la conscience. (1956) (Poétique I) Nouvelle édition, Paris: Gallimard,
  • Le Discours antillais. (1981) Paris: Gallimard, 1997 (texte remanié de sa thèse de doctorat).
  • Poétique de la relation. (Poétique III) Paris: Gallimard, 1990.
  • Discours de Glendon Suivi d'une bibliographie des écrits d'Edouard Glissant établie par Alain Baudot. Toronto: Ed. du GREF, 1990.
  • Introduction à une poétique du divers. (1995) Paris: Gallimard, 1996.
  • Faulkner, Mississippi'. Paris: Stock, 1996; Paris: Gallimard (folio), 1998.
  • Traité du Tout-Monde. (Poétique IV) Paris: Gallimard, 1997.
  • La Cohée du Lamentin. (Poétique V) Paris: Gallimard, 2005.
  • Une nouvelle région du monde. (Esthétique I) Paris: Gallimard, 2006.
  • Mémoires des esclavages (avec un avant-propos de Dominique de Villepin). Paris: Gallimard, 2007.
  • Quand les murs tombent. L'identité nationale hors-la-loi ? (avec Patrick Chamoiseau). Paris: Galaade, 2007.
  • La Terre magnétique : les errances de Rapa Nui, l'île de Pâques (avec Sylvie Séma). Paris: Seuil, 2007.
  • Miquel Barceló, Collection Lambert, 2007 .
  • L'intraitable beauté du monde. Adresse à Barack Obama (avec Patrick Chamoiseau). Paris: Galaade, 2009.
  • Philosophie de la relation Paris: Gallimard, 2009.

Poésie

  • La Terre inquiète. Lithographies de Wilfredo Lam. Paris: Éditions du Dragon, 1955.
  • Le Sel Noir. Paris: Seuil, 1960.
  • Les Indes, un champ d'îles, La Terre inquiète. Paris: Seuil, 1965.
  • L'Intention poétique. (1969) (Poétique II) Nouvelle édition, Paris: Gallimard, 1997.
  • Boises; histoire naturelle d'une aridité. Fort-de-France: Acoma, 1979.
  • Le Sel noir; Le Sang rivé; Boises. Paris: Gallimard, 1983.
  • Pays rêvé, pays réel. Paris: Seuil, 1985.
  • Fastes. Toronto: Ed. du GREF, 1991.
  • Poèmes complets. (Le Sang rivé; Un Champ d'îles; La Terre inquiète; Les Indes; Le Sel noir; Boises; Pays rêvé, pays réel; Fastes; Les Grands chaos). Paris: Gallimard, 1994.
  • Le Monde incréé: Conte de ce que fut la Tragédie d'Askia; Parabole d'un Moulin de Martinique; La Folie Célat., Paris: Gallimard, 2000.
  • La Terre le feu l’eau et les vents : une anthologie de la poésie du Tout-monde., Paris: Galaade, 2010.

Romans

  • La Lézarde (1958) Nouvelle édition, Paris: Gallimard, 1997; Port-au-Prince: Presses Nationales d'Haïti, 2007.
  • Le Quatrième Siècle. (1964) Paris: Gallimard, 1997.
  • Malemort. (1975). Nouvelle édition, Paris: Gallimard, 1997.
  • La Case du commandeur. (1981) Nouvelle édition, Paris: Gallimard, 1997.
  • Mahagony. (1987) Nouvelle édition, Paris: Gallimard, 1997.
  • Tout-Monde. Paris: Gallimard, 1995.
  • Sartorius: le roman des Batoutos. Paris: Gallimard, 1999.
  • Ormerod. Paris: Gallimard, 2003.

Théâtre

  • Monsieur Toussaint. (1961) Nouvelle édition: Paris: Gallimard, 1998.

Notes et références

  1. « L'écrivain Édouard Glissant est mort » [archive] sur le site du journal Le Monde le 3 février 2011
  2. « L'écrivain Édouard Glissant est mort » [archive] sur le site du journal 20minutes le 3 février 2011
  3. « Édouard Glissant : “La pensée unique frappe partout où elle soupçonne de la diversité” » [archive] sur le site Télérama.fr
  4. Le Discours antillais : le passage de l'oral à l'écrit en Martinique : essai d'analyse éclatée d'un discours global, Université Paris 1, 1980, 3 vol., 755 p. [archive]
  5. Extrait du programme du Prix Carbet de la Caraïbe 2007 présidé par Édouard Glissant
  6. Édouard Glissant, Introduction à une poétique du divers, Gallimard, Paris, 1996

 

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 17:43

 

Louise Michel

(1830 - 1905)

 

Biographie de Louise Michel :

Institutrice, militante révolutionnaire et libertaire française.
Née au château de Vroncourt en Haut-Marne, Louise Michel est la fille née hors mariage du fils du châtelain, Laurent Demahis, et de la servante Marianne Michel. Elevée par ses grands-parents, elle reçoit une bonne instruction et une éducation libérale, elle lit
Voltaire et Rousseau et étudie la musique. Mais en 1850, après la mort de son père et de ses grands-parents, Louise Michel est chassée du château et devient institutrice. Elle fonde une école libre où elle enseigne pendant trois ans selon les principes républicains.

Louise Michel s'installe à Paris pour enseigner dans l'institution de madame Voillier. Pour satisfaire sa soif de connaissance, elle suit les cours du soir dans les domaines les plus modernes du savoir. A Paris, Louise Michel fait la connaissance de Jules Vallès, Eugène Varlin, Rigault, Eudes, et surtout Théophile Ferré, qu'elle aime avec passion. Elle écrit pour des journaux d'opposition et rédige des poèmes qu'elle adresse à
Victor Hugo. Elle entretient avec l’auteur des Misérables une longue correspondance de 1850 à 1879. Secrétaire de la Société démocratique de moralisation, dont le but est d'aider les femmes à vivre par le travail, Louise Michel mène également une activité politique, qu'elle poursuivra jusqu'à sa mort.

En 1870, elle est élue présidente du Comité de vigilance des citoyennes du XVIIIe arrondissement de Paris. Très active pendant la Commune, Louise Michel fait partie de la frange révolutionnaire la plus radicale et se porte même volontaire pour aller seule à Versailles tuer Adolphe Thiers. Sa mère ayant été arrêtée et menacée d’être exécutée pour faire pression sur elle, Louise Michel se rend pour la faire libérer. Surnommée la Vierge Rouge, elle est condamnée à la déportation à vie et envoyée en Nouvelle Calédonie où elle reste jusqu'en 1880. C'est sans doute au contact de Nathalie Lemel, une des animatrices de la Commune, déportée avec elle, que Louise Michel devient anarchiste.

Accueillie par la foule à Paris, Louise Michel reprend son activité militante. Elle donne des conférences, intervient dans des meetings, défend l'abolition de la peine de mort, les ouvriers et les chômeurs. En 1888, Pierre Lucas, un extrémiste, attente à sa vie en la blessant à la tête, mais elle témoigne au procès de celui-ci pour qu’il n’aille pas en prison. Lassée par les calomnies et le manque de liberté d’expression, elle s’installe à Londres en 1890 où elle gère une école libertaire. A la demande de Sébastien Faure, elle revient en France en 1895. Arrêtée à plusieurs reprises lors de manifestations, elle est emprisonnée pendant trois ans avant d'être libérée sur l'intervention de Clemenceau. Elle meurt d’une pneumonie à Marseille au cours d’une tournée de conférences dans le sud de la France. Une foule de 120 000 personnes l’accompagne lors de ses funérailles jusqu’au cimetière de Levallois.

Anticléricale et antireligieuse résolue, Louise Michel a été confortée par les travaux de Darwin dans un matérialisme niant l'immortalité après la mort. Elle a appartenu à un atelier maçonnique dissident du rite écossais et fut soeur au Droit Humain (une loge porte son nom à Paris 13).
Bibliographie : Le livre du jour de l'an : historiettes, contes et légendes pour les enfants (1872), Le Gars Yvon (1882), La Misère (1882), Mémoires (1886), Les Microbes humains (1886), L'ère nouvelle - Pensée dernière - Souvenirs de Calédonie (chant des captifs) (1887), Le Monde nouveau (1888), A travers la vie (poésies, 1894), La Commune (1898).

 

Chanson de cirque

Corrida de Muerte

Les hauts barons blasonnés d'or,
Les duchesses de similor,
Les viveuses toutes hagardes,
Les crevés aux faces blafardes,
Vont s'égayer. Ah ! oui, vraiment,
Jacques Bonhomme est bon enfant.

C'est du sang vermeil qu'ils vont voir.
Jadis, comme un rouge abattoir,
Paris ne fut pour eux qu'un drame
Et ce souvenir les affame ;
Ils en ont soif. Ah ! oui, vraiment,
Jacques Bonhomme est bon enfant.

Peut-être qu'ils visent plus haut :
Après le cirque, l'échafaud ;
La morgue corsera la fête.
Aujourd'hui seulement la bête,
Et demain l'homme. Ah ! oui, vraiment
Jacques Bonhomme est bon enfant.

Les repus ont le rouge aux yeux.
Et cela fait songer les gueux,
Les gueux expirants de misère.
Tant mieux ! Aux fainéants la guerre ;
Ils ne diront plus si longtemps :
Jacques Bonhomme est bon enfant.

Louise Michel

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 09:09
FEDERICO GARCIA LORCA
Chante, rossignol, chante !

Andalousie, passion, sang, flamenco et poésie. 70 ans que le rossignol à la plume d'or n'est plus sur sa branche et pourtant il chante et nous enchante encore de ses vers envoûtants.

Né un jour de juin 1898 à Fuente Vaqueros, le "rossignol andalou" a passé son enfance dans la province de Grenade. Poète, dramaturge, musicien et peintre, Federico Garcia Lorca a transcendé les genres pour explorer les tréfonds de son âme et de sa sensibilité andalouses. Menant son combat en faveur des plus démunis, il a puisé sa force dans sa connaissance du peuple et de sa culture. Portant très haut la bannière de l'art populaire, les yeux émerveillés, l'esprit ouvert, le coeur généreux, Lorca fait figure d'avant-gardiste, sorte de romantique décadent.


Au commencement fut la musique

La poésie de Lorca est un torrent. La musique en est son lit. Celle-là s'évertuant à porter gracieusement celle-ci. "Avec les mots, on dit des choses humaines ; avec la musique, on exprime ce que personne ne connaît ni ne peut définir mais qui existe plus ou moins fortement en chacun de nous. La musique est l'art par nature", avoue Lorca. Les murs de sa maison en sont imprégnés. Sans cesse y tourne le gramophone familial. Bercé aux sons des douces chansons inspirées de la vie rurale, Lorca éprouve très tôt sa sensibilité d'artiste. "Mon enfance a consisté à apprendre les lettres et les chansons avec ma mère, à être un enfant savant dans le village, un "autoritaire"". Bien plus tard, c'est sa rencontre et son amitié avec le guitariste Manuel de Falla qui orientera définitivement son chant vers le folklore musical de sa terre natale.


Lorca, libérateur de l'âme andalouse

Aux côtés du musicien, Lorca s'imprègne sans retenue des chansons ancestrales de son pays. Plus fort encore, de cette amitié naît l'engagement de toute sa vie : oeuvrer à la renaissance de l'expression la plus pure de l'émotion espagnole et andalouse, le flamenco. Lorca s'évertuera en permanence d'en nourrir l'ensemble de ses réalisations artistiques et de développer une nouvelle considération morale pour cette musique qu'il perçoit comme la quintessence de l'expression populaire.

Parmi les chants flamenco, il en est un plus intime, plus intérieur que les autres. Le cante jondo ou "chant profond". Lorca en parle mieux que personne : "Il s'agit d'un chant purement andalou (…). C'est profond, véritablement profond, plus encore que tous les puits et toutes les mers qui entourent le monde, beaucoup plus profond que le coeur actuel qui le crée et que la voix qui le chante, parce qu'il est presque infini. (…). Il n'y a rien, absolument rien de comparable en Espagne, que ce soit au niveau du style, de l'atmosphère ou de la justesse de l'émotion (…)." (1)

C'est avec un ravissement non dissimulé que Lorca se laisse enivrer par son élégance authentique. Il est notamment à l'origine du premier concours de cante jondo organisé à Grenade en 1922. Il y obtient la reconnaissance des intellectuels pour ce chant jusqu'ici proscrit aux marges des langages artistiques espagnols.


Vers un art "primitif andalou"

Lorca apparaît dès lors comme l'organe vital d'une démarche artistique moderne et progressiste, consistant à (sup)porter cette expression séculaire pour en dégager les fondements d'un art "primitif andalou". Expression la plus archaïque de l'identité andalouse, le poète veut sortir le cante jondo de la marginalité et du discrédit dans lesquels il croupit depuis trop longtemps. Un retour à ses origines lui permet de justifier la gratitude légitime qu'il mérite. "Nous devons [aux tribus gitanes] la création de ces chants, âme de notre âme ; nous leur devons les gestes rituels de la race, la construction de ces chemins lyriques par lesquels s'envolent tous les maux."

Avec Federico Garcia Lorca, le flamenco acquiert une force universelle et libératrice. Son recueil 'Romancero gitan' en est l'illustration la plus accomplie. Avec ce morceau de poésie musicale, la culture populaire la plus ancestrale prend ses lettres de noblesse. Le génial rossignol transcende le flamenco en tant que musique populaire anecdotique pour en extraire un nouvel élan créateur.


Vers un nouvel état émotionnel de l'esprit créateur

Faire fi de la forme et du style au profit d'une expression artistique plus instinctive, immédiate, afin de révéler nos émotions les plus pures. Lorca s'engage alors totalement sur la voix ouverte par l'impressionnisme, prolongée par l'expressionnisme et parachevée par le surréalisme, dont il se fait un illustre représentant. Dans l'art, on ressent souvent les choses sans pour autant pouvoir les expliquer. Dans le flamenco, cette magie est le duende, sorte d'esprit follet s'invitant aux rassemblements andalous autour de la danse et des chants flamenco. Lorca met en place toute une étude à ce sujet (2). Garcia Lorca déclare le rencontrer "endormi dans les ultimes chambres du sang", là où l'émotion est à son comble et où repose l'essence pure de l'homme andalou.

Habité de ce charme mystérieux et indicible, le cante jondo est un art libre qui vit et évolue au-delà même de l'artiste. Le "cantaor" emprunte et interprète, à l'écoute de ses sensations. Mais au final, "les poèmes du cante jondo ne sont de personne." Dans ce nouvel écrin, entre conscience et subconscience, le chant primitif andalou revit et prend place au panthéon des plus grandes expressions artistiques.


Des livres et du théâtre

Cette obstination acharnée de Lorca à revaloriser la culture populaire procède d'un autre combat, plus vaste encore. Dans la république espagnole balbutiante, le grand poète de la nation défend vigoureusement le droit de chacun à accéder au savoir. En 1932, Lorca le dramaturge monte son projet de 'La Barraca', une troupe de théâtre itinérante et gratuite. De village en village, elle présente à un public populaire, le plus souvent illettré, les grandes oeuvres du répertoire espagnol. Un triomphe !

Avant d'être économiques, pense-t-il, les revendications doivent être culturelles. Du pain pour vivre, mais pas "en esclaves d'une terrible organisation de la société." Dans sa pièce de théâtre 'La Maison de Bernarda Alba', Garcia Lorca nous emmène au coeur d'un foyer andalou composé exclusivement de femmes et subissant l'autorité tyrannique de leur mère. Les quatre murs de la maison se dressent alors de toute leur hauteur, symbole de l'enfermement dont souffre la société espagnole.

Lorca veut un peuple fier de sa terre, conscient de son existence et de sa culture. Avant de prier pour qu'une pluie divine vienne arroser ses semis ou pour qu'un soleil dore généreusement ses champs de vignes, un homme doit avant tout pouvoir se délecter de tous les fruits de l'esprit humain, à la lumière de la connaissance. Ainsi seulement pourra-t-il résoudre les problèmes auxquels il est confronté.


Lorca, symbole de l'intelligence persécutée

La peine, la douleur, la passion et le suicide hantent ses écrits. Des histoires d'amours contrariées ou incomprises dans 'La Savetière prodigieuse' ou 'Yerma'. Des hommes à la jalousie violente dans 'Noces de sang'. L'angoisse du temps qui passe dans 'Lorsque cinq ans seront passés'. Lorca se penche sur cette recherche existentielle du sens à donner à la vie. A travers ce travail introspectif, l'artiste chasse ses propres déchirements. Il y dissimule ses doutes et ses désirs. Notamment, comment assumer son homosexualité dans un pays où le sentiment amoureux ne peut être considéré qu'à travers le prisme d'un catholicisme acéré ? Ecoeuré, l'artiste partira d'ailleurs aérer son esprit aux Etats-Unis et à Cuba. De retour, Lorca publiera le recueil 'Poète à New York', dans lequel il évoque avec soulagement son homosexualité dans le poème 'Ode à Walt Whitman'. Néanmoins, ce mal-être persistant restera en filigrane dans bon nombre de ses créations.

Prodige aux envolées lyriques au destin tragique, le rossignol andalou est abattu en plein vol le 17 (ou 18) août 1936, près de sa Grenade, par des membres de la Falange española (3). En hommage au poète fusillé, l'écrivain et critique d'art Jean Cassou écrira : "Ce que les balles fascistes ont frappé dans cette gorge et dans ce coeur est autre chose que la simple vie d'un ennemi : c'était une des sources mêmes, une des jaillissantes fontaines de l'émotion universelle ."


L'Andalousie se meurt, l'Andalousie est morte…

Garcia Lorca laisse derrière lui une oeuvre sensuelle et engagée. Elle relie tradition et surréalisme, en revisitant une culture ancestrale pour en faire l'étendard d'un processus créatif moderne. Pourtant, son inclination sexuelle "amorale" dans une certaine mesure, son engagement intellectuel contestataire surtout ont fini par avoir raison de celui qui, avec d'autres, comme Manuel de Falla ou Picasso, ont très largement contribué à l'émergence d'un nouvel âge d'or de la création artistique espagnole. De ses vers, le poète à l'habit de lumière laisse monter le chant des vertes montagnes de sa terre grenadine, sur lesquelles semblent dévaler de blanches avalanches. Ces villages aux ruelles étroites le long desquelles les oranges viennent tenter le passant. Des oranges qui renferment leur amertume dans une enveloppe chaleureuse et sucrée. A l'image de l'artiste, enthousiaste et affectueux à l'extérieur, mais rongé en dedans par une douleur âpre et acide. Lorca n'est pas un poète andalou. Il est l'Andalousie.

...
Mataron a Federico
cuando la luz asomaba.
El peloton de verdugos
no oso mirarle a la cara.
Todos cerraron los ojos ;
Rezaron : ni Dios te salva !
...

Antonio Machado
(4)




(1) Conférence donnée par Lorca en février 1922 intitulée 'Le Cante jondo (chant andalou primitif)'.

(2) 'La Théorie et le jeu du duende'.

(3) Organisation politique espagnole paramilitaire d'extrême droite fondée le 29 octobre 1933.

(4) …/Ils tuèrent Federico/Alors que pointait la lumière./Le peloton de bourreaux/N'osa pas le regarder au visage./Tous fermèrent les yeux ;/Ils prièrent… Dieu lui-même ne te sauverait pas…


Mathieu Menossi pour Evene.fr - Août 2006
FEDERICO GARCIA LORCA
Chante, rossignol, chante !

Andalousie, passion, sang, flamenco et poésie. 70 ans que le rossignol à la plume d'or n'est plus sur sa branche et pourtant il chante et nous enchante encore de ses vers envoûtants.

Né un jour de juin 1898 à Fuente Vaqueros, le "rossignol andalou" a passé son enfance dans la province de Grenade. Poète, dramaturge, musicien et peintre, Federico Garcia Lorca a transcendé les genres pour explorer les tréfonds de son âme et de sa sensibilité andalouses. Menant son combat en faveur des plus démunis, il a puisé sa force dans sa connaissance du peuple et de sa culture. Portant très haut la bannière de l'art populaire, les yeux émerveillés, l'esprit ouvert, le coeur généreux, Lorca fait figure d'avant-gardiste, sorte de romantique décadent.


Au commencement fut la musique

La poésie de Lorca est un torrent. La musique en est son lit. Celle-là s'évertuant à porter gracieusement celle-ci. "Avec les mots, on dit des choses humaines ; avec la musique, on exprime ce que personne ne connaît ni ne peut définir mais qui existe plus ou moins fortement en chacun de nous. La musique est l'art par nature", avoue Lorca. Les murs de sa maison en sont imprégnés. Sans cesse y tourne le gramophone familial. Bercé aux sons des douces chansons inspirées de la vie rurale, Lorca éprouve très tôt sa sensibilité d'artiste. "Mon enfance a consisté à apprendre les lettres et les chansons avec ma mère, à être un enfant savant dans le village, un "autoritaire"". Bien plus tard, c'est sa rencontre et son amitié avec le guitariste Manuel de Falla qui orientera définitivement son chant vers le folklore musical de sa terre natale.


Lorca, libérateur de l'âme andalouse

Aux côtés du musicien, Lorca s'imprègne sans retenue des chansons ancestrales de son pays. Plus fort encore, de cette amitié naît l'engagement de toute sa vie : oeuvrer à la renaissance de l'expression la plus pure de l'émotion espagnole et andalouse, le flamenco. Lorca s'évertuera en permanence d'en nourrir l'ensemble de ses réalisations artistiques et de développer une nouvelle considération morale pour cette musique qu'il perçoit comme la quintessence de l'expression populaire.

Parmi les chants flamenco, il en est un plus intime, plus intérieur que les autres. Le cante jondo ou "chant profond". Lorca en parle mieux que personne : "Il s'agit d'un chant purement andalou (…). C'est profond, véritablement profond, plus encore que tous les puits et toutes les mers qui entourent le monde, beaucoup plus profond que le coeur actuel qui le crée et que la voix qui le chante, parce qu'il est presque infini. (…). Il n'y a rien, absolument rien de comparable en Espagne, que ce soit au niveau du style, de l'atmosphère ou de la justesse de l'émotion (…)." (1)

C'est avec un ravissement non dissimulé que Lorca se laisse enivrer par son élégance authentique. Il est notamment à l'origine du premier concours de cante jondo organisé à Grenade en 1922. Il y obtient la reconnaissance des intellectuels pour ce chant jusqu'ici proscrit aux marges des langages artistiques espagnols.


Vers un art "primitif andalou"

Lorca apparaît dès lors comme l'organe vital d'une démarche artistique moderne et progressiste, consistant à (sup)porter cette expression séculaire pour en dégager les fondements d'un art "primitif andalou". Expression la plus archaïque de l'identité andalouse, le poète veut sortir le cante jondo de la marginalité et du discrédit dans lesquels il croupit depuis trop longtemps. Un retour à ses origines lui permet de justifier la gratitude légitime qu'il mérite. "Nous devons [aux tribus gitanes] la création de ces chants, âme de notre âme ; nous leur devons les gestes rituels de la race, la construction de ces chemins lyriques par lesquels s'envolent tous les maux."

Avec Federico Garcia Lorca, le flamenco acquiert une force universelle et libératrice. Son recueil 'Romancero gitan' en est l'illustration la plus accomplie. Avec ce morceau de poésie musicale, la culture populaire la plus ancestrale prend ses lettres de noblesse. Le génial rossignol transcende le flamenco en tant que musique populaire anecdotique pour en extraire un nouvel élan créateur.


Vers un nouvel état émotionnel de l'esprit créateur

Faire fi de la forme et du style au profit d'une expression artistique plus instinctive, immédiate, afin de révéler nos émotions les plus pures. Lorca s'engage alors totalement sur la voix ouverte par l'impressionnisme, prolongée par l'expressionnisme et parachevée par le surréalisme, dont il se fait un illustre représentant. Dans l'art, on ressent souvent les choses sans pour autant pouvoir les expliquer. Dans le flamenco, cette magie est le duende, sorte d'esprit follet s'invitant aux rassemblements andalous autour de la danse et des chants flamenco. Lorca met en place toute une étude à ce sujet (2). Garcia Lorca déclare le rencontrer "endormi dans les ultimes chambres du sang", là où l'émotion est à son comble et où repose l'essence pure de l'homme andalou.

Habité de ce charme mystérieux et indicible, le cante jondo est un art libre qui vit et évolue au-delà même de l'artiste. Le "cantaor" emprunte et interprète, à l'écoute de ses sensations. Mais au final, "les poèmes du cante jondo ne sont de personne." Dans ce nouvel écrin, entre conscience et subconscience, le chant primitif andalou revit et prend place au panthéon des plus grandes expressions artistiques.


Des livres et du théâtre

Cette obstination acharnée de Lorca à revaloriser la culture populaire procède d'un autre combat, plus vaste encore. Dans la république espagnole balbutiante, le grand poète de la nation défend vigoureusement le droit de chacun à accéder au savoir. En 1932, Lorca le dramaturge monte son projet de 'La Barraca', une troupe de théâtre itinérante et gratuite. De village en village, elle présente à un public populaire, le plus souvent illettré, les grandes oeuvres du répertoire espagnol. Un triomphe !

Avant d'être économiques, pense-t-il, les revendications doivent être culturelles. Du pain pour vivre, mais pas "en esclaves d'une terrible organisation de la société." Dans sa pièce de théâtre 'La Maison de Bernarda Alba', Garcia Lorca nous emmène au coeur d'un foyer andalou composé exclusivement de femmes et subissant l'autorité tyrannique de leur mère. Les quatre murs de la maison se dressent alors de toute leur hauteur, symbole de l'enfermement dont souffre la société espagnole.

Lorca veut un peuple fier de sa terre, conscient de son existence et de sa culture. Avant de prier pour qu'une pluie divine vienne arroser ses semis ou pour qu'un soleil dore généreusement ses champs de vignes, un homme doit avant tout pouvoir se délecter de tous les fruits de l'esprit humain, à la lumière de la connaissance. Ainsi seulement pourra-t-il résoudre les problèmes auxquels il est confronté.


Lorca, symbole de l'intelligence persécutée

La peine, la douleur, la passion et le suicide hantent ses écrits. Des histoires d'amours contrariées ou incomprises dans 'La Savetière prodigieuse' ou 'Yerma'. Des hommes à la jalousie violente dans 'Noces de sang'. L'angoisse du temps qui passe dans 'Lorsque cinq ans seront passés'. Lorca se penche sur cette recherche existentielle du sens à donner à la vie. A travers ce travail introspectif, l'artiste chasse ses propres déchirements. Il y dissimule ses doutes et ses désirs. Notamment, comment assumer son homosexualité dans un pays où le sentiment amoureux ne peut être considéré qu'à travers le prisme d'un catholicisme acéré ? Ecoeuré, l'artiste partira d'ailleurs aérer son esprit aux Etats-Unis et à Cuba. De retour, Lorca publiera le recueil 'Poète à New York', dans lequel il évoque avec soulagement son homosexualité dans le poème 'Ode à Walt Whitman'. Néanmoins, ce mal-être persistant restera en filigrane dans bon nombre de ses créations.

Prodige aux envolées lyriques au destin tragique, le rossignol andalou est abattu en plein vol le 17 (ou 18) août 1936, près de sa Grenade, par des membres de la Falange española (3). En hommage au poète fusillé, l'écrivain et critique d'art Jean Cassou écrira : "Ce que les balles fascistes ont frappé dans cette gorge et dans ce coeur est autre chose que la simple vie d'un ennemi : c'était une des sources mêmes, une des jaillissantes fontaines de l'émotion universelle ."


L'Andalousie se meurt, l'Andalousie est morte…

Garcia Lorca laisse derrière lui une oeuvre sensuelle et engagée. Elle relie tradition et surréalisme, en revisitant une culture ancestrale pour en faire l'étendard d'un processus créatif moderne. Pourtant, son inclination sexuelle "amorale" dans une certaine mesure, son engagement intellectuel contestataire surtout ont fini par avoir raison de celui qui, avec d'autres, comme Manuel de Falla ou Picasso, ont très largement contribué à l'émergence d'un nouvel âge d'or de la création artistique espagnole. De ses vers, le poète à l'habit de lumière laisse monter le chant des vertes montagnes de sa terre grenadine, sur lesquelles semblent dévaler de blanches avalanches. Ces villages aux ruelles étroites le long desquelles les oranges viennent tenter le passant. Des oranges qui renferment leur amertume dans une enveloppe chaleureuse et sucrée. A l'image de l'artiste, enthousiaste et affectueux à l'extérieur, mais rongé en dedans par une douleur âpre et acide. Lorca n'est pas un poète andalou. Il est l'Andalousie.

...
Mataron a Federico
cuando la luz asomaba.
El peloton de verdugos
no oso mirarle a la cara.
Todos cerraron los ojos ;
Rezaron : ni Dios te salva !
...

Antonio Machado
(4)




(1) Conférence donnée par Lorca en février 1922 intitulée 'Le Cante jondo (chant andalou primitif)'.

(2) 'La Théorie et le jeu du duende'.

(3) Organisation politique espagnole paramilitaire d'extrême droite fondée le 29 octobre 1933.

(4) …/Ils tuèrent Federico/Alors que pointait la lumière./Le peloton de bourreaux/N'osa pas le regarder au visage./Tous fermèrent les yeux ;/Ils prièrent… Dieu lui-même ne te sauverait pas…


Mathieu Menossi pour Evene.fr - Août 2006

 

Federico Garcia Lorca
Imprimer la chanson Federico Garcia Lorca de Jean Ferrat à partir d'une fenêtre en mode texte et sans publicité  :-) Envoyer le texte Federico Garcia Lorca de Jean Ferrat à un ami

 

Paroles: C.H. Vic. Musique: Jean Ferrat   1968  "Jean Ferrat - Vol.1 (1999)"

Les guitares jouent des sérénades
Que j'entends sonner comme un tocsin
Mais jamais je n'atteindrai Grenade
"Bien que j'en sache le chemin"

Dans ta voix
Galopaient des cavaliers
Et les gitans étonnés
Levaient leurs yeux de bronze et d'or
Si ta voix se brisa
Voilà plus de vingt ans qu'elle résonne encore
Federico García

Voilà plus de vingt ans, Camarades
Que la nuit règne sur Grenade

Il n'y a plus de prince dans la ville
Pour rêver tout haut
Depuis le jour où la guardia civil
T'a mis au cachot

Et ton sang tiède en quête de l'aurore
S'apprête déjà
J'entends monter par de longs corridors
Le bruit de leurs pas

Et voici la porte grande ouverte
On t'entraîne par les rues désertées
Ah! Laissez-moi le temps de connaître
Ce que ma mère m'a donné

Mais déjà
Face au mur blanc de la nuit
Tes yeux voient dans un éclair
Les champs d'oliviers endormis
Et ne se ferment pas
Devant l'âcre lueur éclatant des fusils
Federico García

Les lauriers ont pâli, Camarades
Le jour se lève sur Grenade

Dure est la pierre et froide la campagne
Garde les yeux clos
De noirs taureaux font mugir la montagne
Garde les yeux clos

Et vous Gitans, serrez bien vos compagnes
Au creux des lits chauds
Ton sang inonde la terre d'Espagne
O Federico

Les guitares jouent des sérénades
Dont les voix se brisent au matin
Non, jamais je n'atteindrai Grenade
"Bien que j'en sache le chemin"

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Published by René - dans LES POETES
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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 15:18
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Jacques BREL

 

Biographie

 Nom                     :      Jacques Romain Georges Brel                    
                    
         
Naissance            :        8 avril 1929, Schaerbeek, Belgique          

 Pays d'origine     :       Belgique

Décès                    :      9 octobre 1978, (à 49 ans)       

Profession (s)      :      
auteur-compositeur-interprète, acteur 
                                      et réalisateur

Genre                    :        chanson française                            

Années actives     :        
1953 - 1977

  Le "galérien des galas" abandonne sa carrière au sommet de sa gloire en 1966. Le grand Jacques enflammait les salles, habitait ses personnages,transpirait, mettant son coeur et son âme dans l'interprétation de ses chansons.Ses spectacles étaient de véritable marathons. Rarement un chanteur aura exprimé ses rages et ses passions avec autant de sincérité et de gravité que Jacques Brel.

 Avec son frère, pierre, de 6 ans son ainé, Jacques connaît une éducation austère entre collège catholique et scoutisme.Peu intéressé par l'école, excepté par les cours de français, il joue des pièces de théâtre en amateur au sein de la Franche Cordée, et son père le fait entrer dans la cartonnerie familiale A 16 ans, il crée une troupe de théâtre avec quelques copains et écrit lui-même des pièces.

 A 18 ans, devant ses échecs scolaires, son père le fait entrer dans l'entreprise familiale, travail pour lequel il n'a aucun goût. Il pense à se reconvertir, soit dans l'élevage de poules, soit dans la musique. Il opte pour la deuxième solution.Il se marie en  juin1950. Le 6 décembre 1951 naît sa première fille, Chantal, puis France le 12 juillet 1953. Enfin isabelle en août 1958 pour laquelle Jacques Brel écrivit la chanson du même nom.

 A partir de 1952, il compose ses premières chansons qu'il chante dans le cadre familial ou lors de diverses soirées dans les cabarets bruxellois. Il fait déja  preuve de cette puissance lyrique (tant dans les textes que dans son interprétation) qui rebute sa famille, laquelle ne l'encourage pas à continuer. Il passa outre et réalisa la grande carrière qu'on lui connu ...

Jacques Brel repose au cimetière d'Atuona à Hiva Oa dans l'archipel des iles Marquises, à coté de Paul Gauguin.  
   
                                                                           

                                                                               


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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 11:41

Il reste que je ne suis qu'un homme, mais plusieurs vous diront quel homme j'ai été. J'ai toujours lutté pour le peuple et les droits de celui-ci de se gouverner lui-même, j'en ai frôlé la mort plus d'une fois et j'ai même dû me sauver de chez moi pour de longues années. Mais toujours j'ai écrit et aimé la vie. Mon oeuvre a fait le tour du monde et je suis devenu un symbole pour une jeunesse pleine de vie. Les élèves aimeront mon Chant général où je tente de faire sentir toute la beauté du monde. J'aime la vie et le monde. J'ai été heureux dans ma lutte incessante. Notez cher lecteur qu'un film fut fait sur mes relations avec un postier lors de mon exil en Italie, un film merveilleux de tendresse mettant en vedette Philippe Noiret: Il Postino

    Neruda, Pablo (Neftali Reyes)







Biographie
triangle

D'origine modeste, Pablo Neruda, de son vrai nom Ricardo Neftali Reyes Basoalto, est né le 12 juillet 1904 à Parral, au Chili. Son enfance, très proche de la nature, a pour cadre Temuco, petite ville de l'Araucanie. Dès l'adolescence, et pendant ses études dans la capitale Santiago, il écrit avec avidité. Depuis 1923, date de Crépusculaire (Crepusculario), les oeuvres se succèdent au long d'une vie marquée par les voyages, l'errance, l'exil: «Ainsi toute ma vie, je suis allé, venu, changeant de vêtements et de planète.»


À partir de 1927, Pablo Neruda occupe plusieurs postes consulaires: Rangoon, Colombo, Batavia, Buenos Aires.


En 1935, il est à à Madrid, la veille de la guerre civil.


En 1940, après un séjour au Chili, Neruda est nommé, consul général au Mexique. La peinture des grands muralistes, Orozco, Rivera, Siqueiros, n'est pas sans influence sur Le Chant général (Canto general) qu'il compose alors.


En 1945, le poète est élu sénateur des provinces minières du nord du Chili; la même année, il adhère au Parti communiste mais les persécutions du président de la République, Gabriel González Videla, l'obligent à fuir son pays. À nouveau, les voyages se multiplient aux quatre coins du monde.


En 1950, Neruda obtient le prix Staline de la paix.


En 1970, il est nommé ambassadeur du Chili, sous le gouvernement socialiste du président Allende


Le 21 octobre 1971, il reçoit la consécration du prix Nobel de littérature. Dans le discours qu'il prononce à Stockholm, le poète évoque avec tendresse les frères inconnus qui l'aidèrent à franchir les Andes alors que sa tête était mise à prix dans son propre pays (1949). Réaffirmant « qu'il n'y a pas de solitude inexpugnable et que le poète n'est pas «un petit dieu», Neruda se rallie à la prophétie de Rimbaud: «À l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes», en laquelle il voit la proclamation d'un avenir certain.


En 1972, il prononce devant le Pen Club International un discours dénonçant le blocus américain contre le Chili. Géographie infructueuse (Geografía infructuosa, 1972) paraît en mai à Buenos Aires: pressentant sa proche agonie, le poète s'interroge sur sa vie et sur son oeuvre poétique. Renonçant à son poste, il quitte la France le 20 novembre 1972 et rentre au Chili avec Mathilde Urrutia. Son peuple l'accueille triomphalement à Santiago. Ses oeuvres, au fil des ans, n'ont pas cessé de voir le jour, tout imprégnées des péripéties d'une vie tumultueuse et généreuse: «Je déclare ici que personne n'est passé près de moi qui ne m'ait partagé. J'ai brassé jusqu'au coude et rebrassé dans une adversité qui n'était pas faite pour moi dans le malheur des autres.»


En 1973, Neruda participe à la campagne pour les élections de mars en écrivant Incitation au nixonicide et éloge de la révolution chilienne (Incitación al nixonicidio y alabanza de la revolución chilena, 1973); tout en chantant l'Océan et Quevedo, il fustige dans de courts pamphlets les «politicards» et les «larrons». Le 11 septembre, un putsch militaire renverse le gouvernement de l'Unité populaire. Allende est assassiné à la Moneda.


Le 24 septembre 1973, Pablo Neruda meurt à Santiago. Ses obsèques se déroulent en présence de l'armée: des chants jaillissent de la foule, témoignant, par-delà la mort, du pouvoir subversif de la poésie.

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