Marianne Cohn est une résistante allemande née le 17 septembre 1922 à Mannheim et morte assassinée le 8 juillet 1944 en Haute-Savoie.
Biographie
Marianne Cohn est l'aînéed'un couple d'intellectuelsallemands d'ascendance juive, mais détachés de la religion israélite et peu liés à la communauté juive d'Allemagne. La famille Cohn part pour l'Espagne en 1934. Marianne Cohn et sa sœur sont envoyées à Paris en 1936, et leurs parents les rejoignent en 1938, suite à la guerre civile espagnole.
Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, les parents de Marianne Cohn sont internés au camp de Gurs, car citoyens allemands. Elle-même et sa sœur sont pris en charge par les Éclaireurs israélites de France, et découvrent à cette occasion la pratique culturelle et cultuelle du judaïsme.
En 1942, Marianne Cohn adhère au Mouvement de la jeunesse sioniste (MJS) et devient la secrétaire de Simon Levitt qu’elle avait suivi depuis Moissac. Elle participe aux actions clandestines de sauvetage qu'organise cette organisation pour les enfants juifs de France, menacés de déportation, au sein du réseau Éducation physique. Installé à Grenoble, le réseau cache les enfants, puis les envoie discrètement en Suisse. Arrêtée en 1943 avec Jacques Klausner, et incarcérée à Nice, elle est relâchée trois mois plus tard. C'est pendant cette première détention qu'elle aurait rédigé son célèbre poème Je trahirai demain.
D'abord simple assistante chargée de surveiller les enfants avant leur départ pour la Suisse, Marianne Cohn intègre l'équipe des convoyeurs en janvier 1944, à la suite de Mila Racine arrêtée le 21 octobre 1943. Chaque semaine, deux ou trois groupes, comptant chacun jusqu'à une vingtaine enfants issus de toute la zone sud, franchissent clandestinement la frontière, après être passés par Lyon et Annecy.
Marianne Cohn est arrêtée le 31 mai 1944, près d'Annemasse, avec un groupe de vingt-huit enfants, et incarcérée à l'hôtel Pax, devenu une prison de la Gestapo. Malgré la torture, elle ne parle pas. Son réseau lui propose de la faire évader, mais elle refuse, craignant des représailles sur les enfants.
Dans la nuit du 7 au 8 juillet 1944, la Gestapo de Lyon envoie une équipe à Annemasse, pour sortir de leur geôle six prisonniers, dont Marianne Cohn, et les assassiner, en l'occurrence à coups de bottes et de pelles. Le maire d'Annemasse a réussi, en revanche, à sauver les enfants.
L'école primaire et l'école maternelle du centre-ville d'Annemasse portent son nom, de même qu'une école de Berlin.
Bibliographie
- Magali Ktorza, « Marianne Cohn, Je trahirai demain, pas aujourd'hui », Revue d'histoire de la Shoah, n° 161, septembre-décembre 1997, pp. 96-112
- François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, éd. Robert Laffont, 2006, article « Marianne Cohn », pp. 392-393