Ma poésie, mes rêves, mes espérances
A tous ces mots d’amour
Que nul ne peut imaginer un jour
N’avoir jamais prononcés.
A ce merveilleux voyage aux frontières de la vie
Qu’hier avec toi j’ai entrepris...
Josiane NORAS
Semur en Auxois (la queue du lac de Pont) photo ©RenéPoète
MA MUSE, JE T’AIMAIS
Quand je mesure tout ce chemin parcouru,
Tout ce qu’ensemble nous avons encouru
Tout ce passé, ce bonheur à jamais perdu
Où nous sommes tant aimés, éperdus...
Cette vie bâclée à courir après l’inaccessible
Sans cesse obligés à admettre l’inadmissible ;
Du malheur et des déceptions nous étions la cible
Vie de tracas, de sueurs et d’angoisses indicibles
Nous rêvions d’une vie plus juste, ensemble,
De connaître enfin un bonheur si vrai, si proche
De cette sensibilité qui nous soude, qui nous assemble,
Sans peur, sans peines et sans aucuns reproches.
Nous caressions l’espoir d’une prochaine embellie.
Du bon vin nous n’avons eu que la lie,
La routine, les ennuis et la lassitude,
Les tracas de la vie et ses vicissitudes ;
La peur des lendemains et les inquiétudes ;
Tout cela était passé sournoisement dans nos habitudes
Nous avait ôté, annihilé, neutralisé toutes envies
Tout ce qui était le sel de la terre, la fleur de la vie,
Jamais nous n’avons eu le bon grain, rien que l’ivraie
Plus rien ne nous animait ni ne nous enivrait.
La difficulté de l’exigence fondamentale nous désarmait
J’en aurais presque oublié que je t’aimais.
Sur mes joues coulèrent mes larmes,
Contre la mort je suis resté sans armes
Quand tes yeux se sont fermés, tes lèvres closes
Comme jeune fleur, à peine tu étais éclose
J’en garde à jamais les séquelles, la rancœur,
La tristesse et la douleur m’ont frappé en plein cœur...
Quand chaque fois que de moi tu fut enceinte,
Je t’ai vénérée et adorée comme une sainte ;
De mes chers enfants tu fut la digne mère,
Lueur de joie dans l’océan de la vie amère
Très loin de tout ce qui me distrait ou m’amuse
Tu es et resteras désormais, celle que j’aime, ma muse...
© René Poète.( p0ete21@tiscali.fr ) Semur en Auxois, 18 avril 1996